Lab Meeting – 11 décembre 2025
11 décembre 2025 • 13h30 16h30
Local C-4145, Pavillon Lionel-Groulx, Université de Montréal
HORAIRE DES PRÉSENTATIONS ET RÉSUMÉS
13 h 30 à 14 h 15
Titre : Évaluer l’effet d’un traitement avec des données de panel : le cas de l’abolition du registre des armes d’épaule et le suicide au Canda
Alexandre Dumas-Richer
Candidat au baccalauréat cheminement honor en sciences de l’économie
Résumé :
Cette présentation offre un survol des principales méthodes d’inférence causale en données de panel pour évaluer l’impact d’un traitement. Elle débute par une introduction au difference-in-differences (DiD), du cadre simple « 2×2 » aux modèles de régression permettant d’estimer des effets dynamiques, en insistant sur l’intuition et les hypothèses clés. Elle se poursuit avec une introduction au synthetic control, qui construit un groupe témoin synthétique pour mesurer l’effet d’une intervention dans le temps. Les exemples seront tirés d’un projet évaluant l’impact de l’abolition du registre fédéral des armes d’épaule sur les suicides au Canada.
14 h 15 à 15 h – Effet différencié de la pandémie de COVID-19 sur la criminalité au Canada: de l’importance de surveiller les contrevenants actifs
Rebecca Ostiguy
Candidate au doctorat en criminologie
Résumé :
Objectifs. Cette présentation examine si la réorientation des priorités policières et judiciaires durant la pandémie de COVID-19 a réduit la prise en charge des infractions contre l’administration de la justice, affaiblissant la capacité dissuasive du système pénal et contribuant à la hausse des crimes violents. Méthodologie. L’analyse s’appuie sur une expérimentation naturelle et une approche synthétique des doubles différences. En mobilisant des données ouvertes sur les infractions annuelles au Code criminel de 1998 à 2023 par province, l’objectif principal est d’évaluer la relation entre l’application des infractions liées à l’administration de la justice et la criminalité en contexte pandémique. Résultats. Les résultats indiquent que la baisse des infractions liées à l’administration de la justice pendant la pandémie est associée à une hausse significative des crimes violents et des crimes contre la propriété dans les provinces touchées. L’effet est significatif pour certaines catégories d’infractions violentes (p. ex. : tentatives de meurtre, voies de fait simple, autres infractions avec violence), tandis que les crimes contre la propriété révèlent des tendances divergentes, avec une diminution des introductions par effraction et une augmentation des méfaits. Conclusion. Ainsi, ces résultats suggèrent que l’affaiblissement de la réponse judiciaire n’a pas un impact homogène, mais agit de manière différenciée selon les types d’infractions et les contextes, conformément au principe de dissuasion conditionnelle. Cette étude appuie l’utilisation des infractions contre l’administration de la justice comme un indicateur relatif à la surveillance des personnes judiciarisées à risque.
Pause : 15 h à 15 h 15
15 h 15 à 16 h
Titre : Quelles sont les meilleures pratiques pour la prévention de la violence auprès des jeunes à risque ?
Raphaëlle Poirier
Candidate à la maitrise en criminologie
Résumé :
Objectifs. Cette présentation porte sur les meilleures façons de prévenir la violence chez les jeunes à risque. L’objectif principal était d’identifier, à partir des connaissances scientifiques, les interventions qui fonctionnent le mieux pour réduire les comportements violents. Plus précisément, nous voulions : (1) brosser un portrait des stratégies de prévention secondaire et tertiaire et (2) repérer les éléments communs qui expliquent leur efficacité. Méthodologie. Pour y parvenir, nous avons réalisé une synthèse parapluie à l’aide de la plateforme Covidence. Nous avons appliqué des critères d’inclusion stricts portant sur la population (jeunes de 12 à 29 ans), le type d’intervention (prévention secondaire ou tertiaire), la méthode (revues systématiques ou méta-analyses) et les résultats liés à la violence. Les recherches ont été menées dans plusieurs bases de données et chaque étude a été évaluée en double. Résultats. Les résultats montrent que plusieurs programmes peuvent réduire la violence, mais leur efficacité varie selon leur structure et leur intensité. Les approches les plus efficaces agissent sur plusieurs aspects de la vie du jeune, comme la dissuasion ciblée et les programmes multi systémiques, qui combinent évaluation des besoins, travail avec la famille et les institutions, et suivi intensif. Les programmes scolaires axés sur les compétences sociales sont aussi prometteurs. D’autres approches, comme Wraparound ou la justice réparatrice, ont surtout un effet sur le soutien global et moins sur la violence directe. Conclusion. En somme, les interventions les plus efficaces sont celles qui sont bien organisées, intensives et coordonnées autour du jeune. Les approches multisystémiques montrent les effets les plus constants, alors que les programmes plus généraux ont des impacts plus limités.
16 h à 16 h 45
Titre : Meilleures pratiques pour la prévention de l’exploitation sexuelle: résultats d’une synthèse systématique
Philippe Bernard
Candidat au baccalauréat en criminologie – option analyse
Résumé :
Objectifs. Cette présentation rapporte les résultats préliminaires d’une synthèse systématique qui s’est penchée sur l’efficacité et composantes des programmes de prévention de l’exploitation sexuelle des jeunes. Méthodologie. Pour ce faire, nous avons effectué une synthèse systématique des évaluations de programmes issues de la littérature scientifique. L’adoption de critères d’inclusion et d’exclusion flexibles a permis de maximiser la portée de la recherche documentaire. Ainsi, nous avons recensé des études portant sur différents types de prévention (primaire, secondaire et tertiaire) et utilisant diverses méthodologies (quantitatifs, qualitatifs, mixtes). Les données des publications retenues (type de prévention, échantillon, activités offertes, thèmes abordés, résultats, etc.) ont été extraites, puis analysées à l’aide du logiciel Excel. Plusieurs analyses ont ensuite été réalisées afin d’estimer l’efficacité globale des interventions. Résultats. Bien que la plupart des programmes offrent des activités éducatives et de loisirs, les activités et les thèmes abordés sont très variés et dépendent des objectifs des programmes. Par ailleurs, alors que la grande majorité des résultats indiquent des effets favorables aux programmes de prévention, il est tout de même impossible de conclure à leur efficacité en raison de la qualité des évaluations. Conclusion. En somme, malgré l’appui favorable des études face aux interventions, la faible qualité méthodologique des devis évaluatifs constitue une limite importante de la littérature scientifique. Ainsi, des évaluations plus rigoureuses doivent être réalisées pour attester de leur efficacité.
Ce contenu a été mis à jour le 14 janvier 2026 à 16h11.